LE LION EST MORT CE SOIR...

12 décembre 1997

A la mémoire d’un ami :

Depuis peu de temps KING ne s’intéressait plus beaucoup à son repas, à sa compagne, à ses amis, ce qui n’était vraiment pas dans ses habitudes.

Les visites vétérinaires et les soins se multipliaient, mais la situation ne s’améliorait guère.

Un jour, KING cessa de se nourrir et ne quitta plus son lit de paille.
Quelques jours suffirent pour comprendre que tout acharnement serait peine perdue, la médecine, les soins prodigués n’avaient plus aucun effet. Il fallait à tout prix éviter toute souffrance pouvant atteindre cette brave bête.

L’ultime décision, plus dure que tout, devait être prise rapidement et communément entre nous.

Nous étions le 11 décembre, il était 09.00 heures. Le vétérinaire nous promis d’être là le lendemain à 10.00 heures.
Ce soir là, je renvoyais tout le monde à la maison et décidait secrètement d’accompagner mon KING pour sa dernière nuit.
Il était calme et ouvrit à peine les yeux en me voyant, lorsque bravant toutes recommandations, je me glissais dans le compartiment de sa roulotte.

Simba qui occupait l’autre partie du compartiment, séparé par une grille, fût surprise, inquiète, mais se calma très vite.

J’ai alors parlé avec l’un, avec l’autre, j’ai longtemps caressé KING tout en continuant d’espérer le réconforter, car je ne croyais déjà plus au miracle.
Malgré cela, non pas un miracle, mais une délivrance se réalisa, il était environ 01.00 heure lorsque KING releva lentement la tête et la tourna vers moi qui me trouvait derrière lui. A ce moment je ne savais pas, ne savais plus quelle attitude adopter, je me rapprochais un peu plus de lui et il posa alors sa lourde tête sur mes genoux.
Je restais un moment sans parole et me mis prudemment à le caresser.
Un peu plus tard KING eut un soubresaut, suivit d’un long gémissement sourd, je me suis brusquement redressé. Simba me regarda fixement, puis elle se recoucha, la tête posée sur ses deux grosses pattes, il était 01.10 heure, nous étions déjà le 12 décembre et KING venait de nous dire adieu.

Les jours qui suivirent son départ ont pesé lourd, mais Nicole, mon épouse, eut les bonnes paroles qui m’ont aidé : « KING t’a écouté, il t’a compris et il a décidé pour toi de partir et de t’éviter de culpabiliser sur la décision qui devait être prise à son encontre ».

En effet, nous avions souhaité tout connaître sur la mort de KING et le verdict était clair. Il était atteint de la maladie sournoise et terrassante qui n’épargne ni les hommes, ni les animaux.

  A TOI KING, ton pote Alain.
PANTHERA A. GROSS

 


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