HISTORIQUE DE L'ASSOCIATION PANTHERA

 
1994

Alain Gross et son épouse, ainsi que quelques amis, tous fervents défenseurs de la cause animale, décident de mettre sur pied un plan d’action concret pour la sauvegarde d’animaux sauvages, nés en captivité, dont la détention, le gardiennage et les soins nécessitent certaines connaissances et qualifications assez particulières déjà acquises par quelques années de pratique dans divers établissements suisse et étranger.

Ce noyau de bénévoles est constitué d’un vétérinaire, de trois titulaires d’un certificat de capacité pour la détention d’animaux sauvages, ainsi que d’autres personnes assumant des tâches administratives.

Des recherches approfondies sont effectuées sur le territoire genevois, pour trouver un bout de terrain ou une vieille ferme à transformer, afin de loger les animaux recueillis.

Un terrain est alors trouvé, celui-ci voisin de la fourrière cantonale, donc lieu idéal pour l’implantation des activités souhaitées.

Malgré cela, un refus nous est signifié, étant donné la loi suisse sur l’acquisition de terrain agricole ne pouvant pas être vendu à des personnes n’exerçant pas une profession et une exploitation agricole.

Nous créons alors notre association « Panthera » pensant apporter un certain poids à nos futures démarches.

1995 Après plusieurs autres démarches infructueuses, un ami nous propose de nous installer sur son terrain, attenant à un bâtiment existant où il exerce une activité animalière.
1996

Un dossier en bonne et due forme est déposé pour une extension des installations existantes.

Le 6 septembre 1996 les autorisations sont enfin accordées.

Les divers travaux préliminaires, architecte, géomètre, ingénieur civil, ainsi que sondages et fouilles sont entrepris, ceci afin de déterminer tous les détails de la future construction.

Entre-temps, fin septembre, nous trouvons pour les animaux, un logement provisoire, grâce à l’extrême dévouement de Monsieur Yvan Bene, Viticulteur, au village de Carre d’Aval, sur la commune de Meinier, ce dernier nous offrant spontanément et gracieusement l’hospitalité sur son terrain.

Le Cirque National Suisse Knie met alors à notre disposition le matériel nécessaire à la détention correcte et confortable des animaux.

« King » le vieux lion, « Simba » sa compagne de toujours et « Choucas » la tigresse découvrent alors une nouvelle vie sur cette magnifique colline de Carre d’Aval, dominant la plaine de la Seymaz, ceci dans l’attente de leur nouveau logement.
1997

Juin 1997, nous avons le plaisir d’accueillir au refuge Panthera, une équipe de télévision de la Fondation « 30 Millions d’Amis » qui effectue un reportage dont la diffusion sur TF 1 est programmée pour la fin de l’année.

Tout est prêt pour le début des travaux du refuge.

Un rendez-vous devant notaire a été programmé afin de conclure et signer un acte pour un droit de superficie.

Le 31 juillet 1997, devant notaire c’est le coup de théâtre totalement inattendu ! car toutes les promesses, conditions sont modifiées, sans aucun préavis.

De nouvelles contraintes d’ordre pratique sont exigées, il nous est informé qu’une nouvelle demande d’autorisation doit être effectuée. De plus, la durée du droit de superficie a été écourtée. Il est regrettable que cet ami de l’époque n’ait pas eu la franchise de nous aviser plus tôt et que ses belles promesses avaient été faites à la légère, peut être dans un moment d’euphorie.

Les conséquences pour nous sont simples : paiement des entreprises et des frais pour les travaux préliminaires effectués et retour à la case départ.

Ce dernier cuisant échec nous incite à nous diriger vers la France voisine où un dossier est déposé, relatif à l’installation du refuge Panthera.

Parallèlement nous commençons une sérieuse prospection en France voisine où quelques propositions nous sont offertes.

Entre-temps ayant lié de nombreuses amitiés dans les régions de Carre d’Aval et de Choulex, il nous est proposé un nouveau terrain agricole, celui-ci n’étant plus en activité depuis fort longtemps car utilisé pendant de nombreuses années comme décharge de vieux matériaux les plus divers.

Ce terrain étant voisin immédiat d’un complexe sportif, de son parking et de la caserne du service du feu de la commune de Choulex.

La mairie de la commune, ainsi que les riverains directement concernés émettent tous un préavis tout à fait favorable à notre projet et de nouveaux contacts sont entrepris au niveau de l’Etat.

Le service vétérinaire cantonal n’émet aucune objection sur le dossier déposé.

Décembre 1997 : TF 1 diffuse le magnifique reportage prévu, ce qui déclenche un très grand intérêt auprès de nombreux amis des animaux qui nous témoignent leur soutien.

Quelques jours plus tard, notre vieux lion « King » âgé de 21 ans, décide de nous quitter. Il s’en ira paisiblement dans la nuit du 11 au 12 décembre, sa tête posée sur les genoux de son ami Alain.

Il nous laissera à tous un souvenir inoubliable, mais n’aura, hélas, pas eu la force d’attendre pour connaître la nouvelle demeure que nous lui avions promise.
1998

Le 27 février 1998, une réponse nous parvient du Conseiller d’Etat chargé du département de l’aménagement et de l’équipement, cette dernière est négative. Notre projet n’est pas envisageable car il ne correspond pas aux exigences de la législation fédérale en vigueur, sur l’aménagement, la construction et sur la loi des forêts publiques et privées.

Sans tarder nous donnons suite à ce courrier avec un dossier et des photographies attestant de l’état actuel du terrain, ainsi que de son déboisement, faute de soins et d’entretien.

Nous sollicitons également un rendez-vous avec ce Conseiller d’Etat. (Rendez-vous qui ne nous sera pas accordé).

Le 14 mai 1998, un nouveau courrier nous parvient du même Conseiller d’Etat nous félicitant pour notre dynamisme, mais confirmant sa détermination négative et l’incompatibilité de notre projet avec les normes régissant la zone agricole.

Qu’en est-il des zones agricoles ayant été aménagées en manège, terrain de football, bâtiments communaux ou cantonaux dans la même région ?

Lors des multiples entretiens avec certains fonctionnaires des services de divers départements, nous recevons des remarques pour le moins surprenantes, à savoir :

Nos animaux n’ont pas leur place à Genève ! !

Que ceux-ci auraient dû être laissés dans leurs pays ! 

(Est-ce par racisme ou profonde méconnaissance de la réglementation et application du CITES sachant pertinemment que ce genre d’animaux n’est depuis fort longtemps plus prélevé de son milieu naturel).

Que ces animaux polluent la nappe phréatique par leurs urines ! !

(Que dire des 150 bisons stationnés en campagne genevoise, sans compter les vaches, les chevaux et les porcs ou le purinage ?).

Que nos animaux effraient la faune locale ! ! !

A ce propos, nous leur suggérons de se lever pour une fois un peu plus tôt le matin afin d’assister aux repas des renards venant quémander leur nourriture le long des grillages de notre parc, voir des milans ayant élus domicile pour la saison sur les arbres entourant nos installations, enfin, des moineaux, mésanges et rouges-gorges venant récolter dans les parcs des fauves les poils afin de constituer certainement les nids les plus confortables du canton.

Nous ne recevons qu’une seule visite d’un collaborateur du Conseiller d’Etat du département cité ci-dessus.

Cette visite n’ayant d’autre but que de nous signaler une certaine inquiétude de son département sur nos conditions d’installations, lesquelles sont totalement conformes et approuvées des services vétérinaires sur le plan de la sécurité et de l’hébergement, bien même que provisoires.

Des menaces déguisées et procédures d’intimidation sont également tentées à notre égard.

Devant ces difficultés, nous sollicitons l’aide de la Protection Suisse des Animaux dont le siège est à Bâle. Un courrier est adressé à sa Présidente lui demandant de nous aider à franchir les barrières administratives en appuyant nos démarches. Aucune réponse n’est donnée à notre missive, à l’exception d’un téléphone du juriste de cette association, nous informant, d’une part, que leur mission est limitée à l’information sur la protection des animaux à l’intention de leur très nombreux membres, d’autre part, que leur association n’approuve aucune détention d’animaux sauvages, quel que soit le but à atteindre !

Moralité : informons et euthanasions, c’est plus simple et plus propre !

Il est regrettable que grand nombre d’adhérents à ce groupement, cotisant depuis des années, ne soient pas informés que leur donation n’est utilisée qu’à des fins d’informations, constitués de luxueuses brochures.

Tout récemment, une nouvelle tentative de négociation avec les autorités genevoises, aurait été entreprise par la Présidente de la Société indépendante Protectrice des Animaux de Genève, en collaboration avec les services vétérinaires.

Mais nous n’y croyons plus guère et préférons conserver nos dernières énergies et nous tourner vers un territoire peut être moins hostile à notre mission.

Le 29 mai 1998, suite au dossier déposé et approuvé par les services vétérinaires de la Préfecture de Haute-Savoie, A. Gross est reçu au Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement à Paris, convoqué en séance de commission consultative. Il lui a été accordé un certificat de capacité d’éleveur pour animaux non domestiques, lui permettant de s'établir sur le territoire français.

Une mention spéciale lui est attribuée pour la qualité de son dossier et la mission de sauvegarde que s’est fixée l’association Panthera.

La presque totalité des autorisations nécessaires ayant été accordées, il ne reste plus que les autorisations locales à remplir, en fonction de la commune qui pourra nous accueillir, ceci afin d’obtenir l’autorisation nécessaire d’ouverture du refuge.

Un premier dossier complet est déposé en Préfecture, relatif à l’acquisition et à l’aménagement d’un terrain sur la commune d’Excenevex.

Quelques jours plus tard un avis nous parvient par l’intermédiaire des services vétérinaires : « préavis défavorable de la DDE » (Direction Départementale de l'équipement). Notre projet n’étant pas compatible avec la zone agricole de la région, ainsi que le poste d’occupation des sols, très restrictif, ne nous autorisant pas la construction d’abris et de clôture réglementaire imposée pour nos animaux.

De plus, l’espèce des animaux en notre possession n’est pas considérée comme animaux d’élevage !

L’affaire est close et nous repartons dans nos recherches.

Un nouveau terrain est trouvé, celui-ci constitué de bois, taillis, clairière et un tout petit lac artificiel. Un véritable paradis.

Après examen du dossier et documents du cadastre, nous devons constater que ce bien est greffé d’une sérieuse servitude de passage, réservé à la future construction de l’autoroute A 400, celui-ci devant traverser l’intégralité de la parcelle par son milieu ! ! Le vendeur s’est bien gardé de nous faire part de ce petit désagrément.

D’autres propositions nous sont offertes, celles-ci ne correspondant pas à nos besoins de par la proximité immédiate d’habitations, de lotissement, de route à grand trafic ou zone non conforme.

Juillet 1998, une offre rare, selon l’agence de vente, nous est proposée, à savoir, très beau terrain, totalement isolé, comportant écuries, grange et ancienne tour, appelée pompeusement Château de Coponex sur la commune de Saint-Jeoire.

Un avis tout à fait positif est émis par le maire et un dossier est immédiatement déposé en mairie.

Attente prolongée, le propriétaire du bien étant introuvable, et selon les informations de l'agence de vente, en voyage sur le continent africain. Après multiples rappels et recherches, il nous est tout simplement communiqué que ce bien est mis sous séquestre par une banque et qu’aucune transaction ne sera envisageable avant l’année prochaine, au plus tôt.

Une fois de plus nous reprenons nos recherches.

Août 1998 : une seconde diffusion du reportage de « 30 Millions d’Amis «  est programmée sur TF 1. Cette dernière déclenche à nouveau de nombreux messages de soutien, mais également l’intérêt de quelques journalistes de suisse romande.

Mi-octobre 1998, une nouvelle affaire nous est proposée sur la commune de Saint-Germain-sur-Rhône.

Un très grand terrain en bordure du Rhône, avec construction et dépendance, le tout totalement isolé de toute habitation et voisinage.

Au vu de cette affaire, nous manifestons immédiatement notre grand intérêt pour l’acquisition de ce bien dont les propriétaires quittaient le territoire français.

Toutefois, on nous signale qu’un acquéreur italien est également très intéressé par cette affaire. Nous proposons alors de signer un compromis de vente, sous réserve des dernières autorisations nécessaires à notre installation, à savoir l’autorisation d’ouverture.

Le jour même A. Gross se rend à la mairie et rencontre Monsieur Hacquard le Maire qui est très enthousiasmé par notre mission de sauvegarde des animaux, lui-même défenseur de la cause animale et protecteur de la nature.

Ce dernier prend les choses en main d’une manière admirable, contacte les services de la sous-préfecture, du DDE, les services vétérinaires et convoque d’urgence une séance de son conseil communal.

Il nous demande de préparer de suite un dossier complet du projet mentionnant les constructions d’abris et d’enclos nécessaires, ce qui est mis en œuvre immédiatement.

Il nous informe également qu’un avis favorable est émis par la sous-préfecture, celle-ci ayant pu apprécier notre action en faveur des animaux, grâce aux émissions diffusées sur TF 1 par « 30 Millions d’Amis ».

De notre côté, nous prenons de suite contact avec les services vétérinaires de la préfecture d’Annecy, afin de connaître la date de la prochaine commission devant statuer sur les autorisations d’ouverture.

La réponse est surprenante, à savoir :

« la commission vient d’être dissoute, suite aux nouvelles directives du Ministère qui déléguera, dès janvier 1999, les pleins pouvoirs aux Préfectures concernant les autorisations pour la détention des animaux non domestiques.

La nouvelle commission devant être en place pour 1999 n’est actuellement pas encore constituée ! ! ! des recherches sont en cours afin de trouver des membres pour celle-ci. De ce fait, aucune séance de commission ne peut encore être programmée.

Ne pouvant hélas donner aucun délai précis au vendeur de la propriété, ce dernier juge, dans son intérêt tout à fait légitime, de céder son bien à son acquéreur italien qui n’a lui que des délais normaux et usuels en matière d’acquisition d’une simple résidence secondaire.

Cette dernière affaire nous déçoit et nous attriste profondément et nous devons, hélas, nous poser la question sur l’avenir que nous avons tant espéré offrir à ces animaux dont les propriétaires n’ont pas su ou voulu assumer jusqu’au bout leur devoir envers un compagnon incapable de vivre sans l’aide des hommes .

Pour les animaux, ainsi que pour tout ceux qui soutiennent et qui comprennent la mission que s'est fixée Panthera, nous continuons notre lutte et espérons tous, très sincèrement, pouvoir donner rapidement une suite plus réjouissante à cet historique de Panthera.

Tout début novembre 1998,les divers quotidiens Suisse relatent la vérité qui vient d'éclater sur l'incendie qui détruit le Zoo de la Rasse en Valais (CH), au soir du 17 août 1998.

Une bien triste et sombre affaire dont grand nombre d'animaux payent de leur vie, brûlés vifs dans cet incendie volontaire.

Pour ceux qui, par miracle, échappent au désastre, se pose une toute autre question "Que va-t-on faire d'eux ?"

Les quelques animaux domestiques sont replacés sans difficulté, mais il reste encore des singes, difficiles à placer, et surtout un couple de lions (frère et sœur).

Au lendemain du sinistre, notre association s'était portée volontaire, afin de subvenir aux besoins éventuels de nourriture ou matériel nécessaires pour ces animaux.

Courant novembre 1998, nous sommes contactés par l'association des amis du zoo de la Rasse, afin de connaître nos possibilités d'un éventuel accueil de ces lions.

Après consultation auprès du service vétérinaire cantonal de Genève, dont le préavis est favorable, nous pouvons confirmer notre engagement à adopter ces deux bêtes qui se trouvent, en plus, être les derniers descendants du vieux couple de lions que nous avons accueilli et dont "Simba" leur mère, est toujours parmi nous.

Novembre et décembre 1998, nos recherches pour un logement définitif des animaux reprennent de plus belle.

Une première affaire est trouvée à Genève, sur la commune de Satigny, terrain agricole bénéficiant d'une décision, en bonne et due forme, rédigée par la commission foncière agricole de "non assujettissement" (non approprié à l'agriculture).

Maître Frédérique Flournoy, alors Présidente de la section genevoise de la Société Protectrice des Animaux, nos demande de constituer un dossier et de le déposer aux divers départements d'Etat concernés.

En raison des fêtes de fin d'année, rien ne peut se concrétiser cette année.

A cette époque, nous découvrons en France voisine, un nouveau site comprenant une ancienne ferme avec étables, grange et dépendances constituées d'écuries, le tout sur une magnifique parcelle d'environ 3 hectares, totalement isolée de toutes agglomérations et bénéficiant d'une vue magnifique sur la plaine.

Des transactions et négociations sont immédiatement entreprises avec l'agence chargée de la vente, le propriétaire et le Maire de la commune de Dingy-en-Vuache.

Un compromis peut enfin être envisagé, sous réserve de toutes les autorisations permettant l'ouverture du refuge devant être octroyées par les diverses administrations concernées.
1999

Dans lecourant février 1999, la réalisation des dossiers et plans nécessaires à la demande d'ouverture sont terminés et ces derniers sont déposés à la Direction des Services Vétérinaires à Annecy.

Février 1999, la situation est la suivante :

Du côté de Genève : Maître Frédérique Flournoy tente de défendre notre cause auprès des divers services du canton de Genève.

Le 17 février 1999 un dossier définitif et complet est envoyé à la Direction de la Police des Constructions du Canton de Genève.

Le 19 février 1999 déjà ! une réponse (plus rapide qu'un missile) émane du Département de l'Aménagement, de l'Equipement et du Logement, Police des Constructions.

Cette dernière confirme réception du dossier et indique d'une manière claire et sèche :"s'agissant d'une parcelle agricole, nous ne pouvons répondre que par la négative à votre requête".

23 février 1999 nouvelle intervention de Maître F. Flournoy, priant le service de l'agriculture de bien vouloir se déterminer clairement sur l'affectation de la parcelle concernée.

A cette même date, correspondance de l'Office Vétérinaire Cantonal adressée à la Direction de la Police des constructions, et mentionnant qu'après examen du dossier relatif à la demande d'Alain Gross concernant la construction et l'installation pour détention de fauves à Satigny, un préavis favorable est émis, la demande étant en tous points conformes aux législations en vigueur sur la protection des animaux et la détention d'animaux sauvages dangereux.

25 février 1999, une réponse du Service de l'agriculture parvient à Maître F. Flournoy.

La réponse pour une fois nous surprend agréablement, à savoir : "concernant cette parcelle sur la commune de Satigny et compte tenu du contexte historique, le service de l'agriculture considère qu'elle n'a jamais eu une vocation agricole établie !! Elle n'a pas été retenue dans la surface d'assolement (SDA). Les bâtiments existants ne servent pas à une utilisation agricole.

Dès lors, il est évident que pour le service cantonal de l'agriculture l'affectation non agricole peut sans autre être reconnue.

Quant à la réponse du Département de l'Aménagement, de l'Equipement et du Logement, il nous faut attendre jusqu'à fin mars 1999, le chef de division étant en vacances jusqu'au 22 mars 1999.

Du côté de la France : Tout est déposé, les affaires suivent leur cours et nous attendons patiemment.

30 mars 1999 : Etat d'alerte rouge chez PANTHERA.

Cette fois c'est grave, la vie de deux magnifiques félins est en jeu.

En effet, un ultimatum est émis, sans préavis, par les services vétérinaires du Valais. Le lion "Shangor" et la lionne "Khenya" du Zoo de la Rasse seront abattus par les gardes-chasse entre le 31 mars et le 1 er avril.

Qu'ont-ils fait de si grave pour mériter une telle sentence ?

Ces deux pauvres bêtes ont, qu'une fois de plus parmi de trop nombreux exemples, à subir les conséquences de la bêtise, la crapulerie et la débilité de certains hommes qui se disent pourtant leurs amis.

"Shangor" et "Khenya" faillirent être brûlés vifs dans l'incendie déjà relaté dans notre historique. Ils seront sauvés par les vaillants soldats du feu, mais maintenant ils doivent mourir sous les balles des gardes-chasse, comme de misérables prisonniers enfermés, sans défense, dans leur triste enclos, au milieu des ruines sinistres de ce qui fût un Zoo.

Alain Gross est immédiatement contacté par de nombreux amis des animaux, se proposant d'offrir leurs services. Les médias réagissent très rapidement et les deux lions font immédiatement la "une" des quotidiens. Les services vétérinaires du Valais atténuent alors la dureté de leur propos. On ne parle plus d'abattage, mais d'euthanasie, on négocie et enfin on accorde un délai raisonnable ; d'abord au 6, puis au 15 avril 1999. Le dompteur suisse, M. René Strickler met alors à disposition un enclos démontable afin de réaliser un parc extérieur pour les animaux. Le Cirque KNIE met à disposition un camion et deux cages de transport afin d'assurer le voyage des bêtes dans les meilleures conditions. Un camion grue est également mis à disposition pour pouvoir poser et extraire les cages de transport au centre des ruines du Zoo. Une véritable chaîne humaine s'active sans relâche afin de sauver ces deux lions.

15 avril 1999: L'autorisation, déjà donnée verbalement, est confirmée par les services vétérinaires du canton de Genève, ceci sous forme d'une décision, compte tenu de la situation de ces animaux. Il est à relever que cette décision est bien entendu provisoire et limitée au 31 décembre 1999.

16 avril 1999 : C'est le grand jour. Les deux lions sont capturés, transportés et lâchés dans leur nouveau domaine provisoire à Genève.

Il faudra plus de 8 heures d'effort et de patience afin de mener à bien cette délicate opération dans des conditions extrêmement difficiles, aussi bien topographique que climatique, rencontrées sur place. La neige ayant décidé, en plus, de couronner cette mission. Il est 17 heures : "Shangor" et "Khenya" pénètrent enfin dans leur nouvel enclos afin de commencer une nouvelle vie. Dans l'enclos voisin, une belle lionne de quinze ans est là, calme et très intéressée aux nouveaux arrivants. Nous seuls, savons que deux enfants viennent de retrouver leur maman, après huit ans de séparation.

 Fin avril 1999 :Nous recevons de la D.S.V. d'Annecy (Direction des Services Vétérinaires) une confirmation nous indiquant que notre demande d'ouverture est actuellement en cours d'instruction. Que l'administration dispose d'un délai de cinq mois pour statuer.

Qu'en fonction du dossier le Préfet peut autoriser ou refuser l'ouverture ou prolonger le délai d'instruction. Que la date de la prochaine commission n'est pas encore connue.Que suite à l'étude de notre projet qui respecte toutes les réglementations vétérinaires, nous recevons à ce titre un avis favorable de la D.S.V.

 6 mai 1999 :"30 Millions d'Amis" diffuse le reportage sur le sauvetage des lions du Zoo de la Rasse, réalisé sur place par leur équipe qui nous a accompagné tout au long de cette longue journée du 16 avril 1999.

Entre-temps, nous continuons à brûler nos énergies auprès des services du canton de Genève dont chacun des présumés responsables, se renvoie notre dossier concernant l'affaire "Satigny". A ce stade, il ne nous reste que la solution d'une procédure qui ne fera pas avancer notre dossier, bien au contraire.

Cette procédure ne pouvant être bénéfique que pour les avocats, mais ne donnant pas un logement aux animaux.

En plus, nos moyens ne nous permettent pas de dilapider de l'argent en procédures longues et coûteuses dont l'issue favorable n'est nullement garantie.

 Fin mai 1999 : Le propriétaire de la parcelle de Satigny nous informe qu'il vient de trouver acquéreur pour sa propriété.

A ce jour, plus aucune nouvelle ne nous a été communiquée par aucun département, ni même par Maître F. Flournoy qui selon des informations reçues, ne serait plus la Présidente de la Société Protectrice des Animaux à Genève.

Pour nous le dossier peut se refermer et l'affaire est close, une fois de plus, ceci totalement indépendamment de notre volonté.

 Juin 1999 : Un triste mois. Depuis quelques semaines, nous savons que "Simba" notre brave lionne de 15 ans, doit subir une intervention chirurgicale, afin d'éliminer une tumeur sur la cuisse gauche.

Un examen préliminaire avait confirmé qu'après l'ablation de cette tumeur, il existait de très grandes chances qu'aucune métastase ne subsisterait et que "Simba" pourrait, après une solide convalescence, partager les installations du refuge avec ses deux enfants.

Nous mettons donc tout en œuvre afin de préparer tout le matériel qui nous a été demandé par notre vétérinaire, laissant à ce dernier le soin de régler le côté préparation pour l'intervention chirurgicale.

Le 19 juin 1999, peu avant 09.00 heures, "Simba" sera anesthésiée à l'aide de projectiles, envoyés par sarbacanes, les vétérinaires présents ayant préféré utiliser chacun ce mode de propulsion au fusil hypodermique spécialement acquit par Panthera, préparé et minutieusement réglé pour l'occasion.

Simba sera longue à s'endormir, puis lasse de lutter, elle sera vaincue par le sommeil. Elle sera transférée dans une clinique vétérinaire.

Il était passé midi lorsque "Simba" rendit son dernier soupir, son cœur avait refusé de battre, l'opération était pourtant presque terminée.

Pourquoi nous a t'elle quitté si vite? Pourquoi ?

A toutes ces questions, il ne nous reste qu'un goût amer et quelle que soit la réponse que l'on pourrait attendre, "Simba" ne reviendra plus, mais elle restera toujours présente dans notre mémoire et quelque fois, lorsque le temps nous le permet et qu'il nous prend l'envie de rêver un peu, nous regardons évoluer ses deux enfants "Shangor" et "Khenya" et nous avons l'impression de remonter le temps et de faire revivre quelques instants parmi nous nos amis "King" et "Simba".

 Fin juin1999: Un nouveau courrier de la D.S.V. d'Annecy nous parvient, nous remettant les projets des rapports de présentation et de l'arrêté préfectoral en nous demandant d'effectuer nos remarques et suggestions, ce qui est fait dans les plus brefs délais.

 5 juillet 1999 : Une lettrenous parvient de la Préfecture de Haute-Savoie nous indiquant que l'instruction de notre demande d'autorisation d'ouverture est terminée et que cette affaire sera soumise à la prochaine Commission départementale des sites, perspectives et paysage dans sa formation, dite "Commission de la faune sauvage captive" qui devrait se réunir cet automne.

Il nous est également demandé de fournir 25 exemplaires supplémentaires du dossier à ceux déjà remis, afin que chaque membre de cette commission puisse en prendre connaissance!

Ces dossiers, (plus de 1000 pages au total) seront immédiatement réalisés, reliés et expédiés en Préfecture.

 7 juillet 1999 : Un nouveau courrier de la Préfecture nous parvient, signé du Secrétaire Général, nous signalant que
- La Préfecture a reçu notre demande d'autorisation d'ouverture le 5 mars 1999.
- L'instruction de cette affaire ne pouvant être réalisée dans les délais fixés par le code rural, à savoir 5 mois, le délai d'instruction est prolongé de 6 mois, à compter du 4 août 1999 !!

 Mi-septembre 1999 : Pour l'heure, n'ayant plus d'autre nouvelle de la France, nous nous préparons à affronter un hiver de plus à "Carre d'Aval", pour autant que notre ami, M. Yvan Bené le veuille bien.

Ici, l'hiver est froid et les conditions de travail sont dures.

Les bêtes ? pour elles, le chauffage tempère agréablement leurs roulottes dortoirs et aux périodes les plus froides, elles ne sortent qu'occasionnellement le bout de leur gros nez.

Une de nos bénévole, Isabelle, nous met à disposition pour l'hiver une petite caravane que nous considérons comme un véritable palace, car, le travail terminé, nous pouvons rejoindre un endroit sec et tempéré, afin de prendre nos repas et nous accorder quelques instants de repos près des animaux.

Plus important, nous devons également solliciter du propriétaire de la ferme de DINGY une seconde prolongation du délai de la promesse de vente.

15 novembre 1999 : Enfin, un courrier de la Préfecture de Haute-Savoie nous parvient, nous annonçant que suite à notre demande d'ouverture d'un établissement détenant des animaux non domestiques, la nouvelle commission départementale des sites, perspective et paysage dans sa formation dite "faune sauvage captive", allait se réunir le 2 décembre 1999.

2 décembre 1999 : A. Gross se rend à la Préfecture de Haute-Savoie à Annecy. Il est reçu par plus de vingt personnes auxquelles il peut répondre aux diverses questions posées, ainsi que commenter divers points du dossier déposé.

Il quitte cette assemblée sans encore connaître l'avis de la commission.

Le lendemain, la Direction des Services Vétérinaires lui adresse un message par Télécopie : Résultat de la commission des sites, avis favorable, sous réserve suivante :

  • hauteur des grillages 3,50 m., en lieu et place de 3,20 m.
  • Interdiction de détention pour les tigres de Sumatra.
  • Grillages des parcs fixés au sol ou enterrés.
  • Filet au sommet des parcs en cas de détention de panthère ou jaguar.

Un complément au descriptif déjà fourni est immédiatement rédigé, mentionnant ces quelques points et envoyé en Préfecture par A. Gross.

Avant les Fêtes, il faut impérativement aviser les Services Vétérinaires de Genève, afin d'obtenir une prolongation de séjour, car une fois de plus nous sommes dans l'attente d'autorisation et ceci indépendant de notre volonté.

Un nouveau délai nous est accordé au 1 er mai 2000.

Noël étant déjà là, Nicole, Alain et leur chien "Circus" passent ces Fêtes avec la petite famille des animaux.

En guise de cadeau de Noël, nous sommes gratifiés d'une des plus belle tempête enregistrée sur l'Europe. Cette dernière nous détruira toutes nos structures abris bâchés et semi rigides provisoires.

Une nuit blanche sera nécessaire pour effectuer les réparations de fortune, afin de protéger au mieux notre matériel. Fort heureusement, aucun dégât n'est à déplorer aux installations des animaux, roulottes et parcs.

Le lendemain, c'est un spectacle désolant, bâches déchirées, cheminée de chauffage mobile arrachée, paille, sciure, vêtements de travail détrempés, parcs des animaux inondés.

La fin de cette année sera consacrée aux diverses réparations, sous le regard des animaux, ceux-ci ne souhaitant plus, dans l'immédiat, sortir dans leurs parcs aquatiques, préférant nous observer dans le climat tempéré de leurs roulottes.

Une chance, notre gros congélateur pour la viande ne sera pas privé d'électricité et protégé par de grosses bâches plastifiées, il assurera son travail et sauvera la nourriture des bêtes.

31 décembre 1999 : dernier jour de l'année, passage au millénaire, bog, excitation, etc.

Pour les bêtes et pour nous, un jour comme un autre. Toutefois, un peu inquiet par la surexcitation qui règne sur notre ville, nous décidons de passer cette longue soirée avec les animaux, une fois de plus, Nicole, Alain et Circus sont les Bodyguard de ces gros chats. Ici, en campagne, mis à part quelques feux d'artifices isolés, la nuit sera calme.

Ayant cumulé une lourde fatigue ces derniers jours, nous nous endormons en 1999 et nous nous réveillons en l'an 2000.
2000

Début février 2000 : Nous recevons enfin l'arrêté préfectoral autorisant l'ouverture d'un établissement détenant des animaux non domestique.

Entre-temps, nous recevons également les divers certificats CITES (Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvage menacées d'extinction) nécessaires au transfert des animaux.

Mars 2000 :Tous les documents étant en notre possession, nous pouvons enfin, le 25 mars 2000, en aviser la Mairie de DINGY-EN-VUACHE et déposer, comme demandé, une déclaration de travaux pour la pose des grillages des parcs d'animaux, conformément au dossier remis le 4 mars 1999 à tous les services concernés.

Le 27 mars 2000, la Mairie de DINGY-EN-VUACHE appelle M. Gross pour lui signaler que selon la Direction Départementale de l'Equipement, il ne suffit pas de rédiger une déclaration de travaux.

Une autorisation de construire est nécessaire pour la réalisation des grillages et les modifications intérieures des boxes existants, déjà construits et cadastrés.

Un nouveau dossier de plans, croquis et explicatif est à nouveau demandé et envoyé le 5 avril 2000 à la D.D.E. qui avait, il nous semble, déjà été en possession d'un de ces multiples dossiers déposés il y a plus d'un an !!

Bilan : nouvelle attente, nouveau délai, environ deux mois nous dit-on.

Nouvelle demande de prolongation de séjour ici en Suisse, cette dernière étant une fois de plus accordée au 1 er octobre 2000.

Les animaux continuent leur train-train quotidien dans le calme et la tranquillité, sans se soucier le moins du monde de toutes ces tracasseries administratives.

Pour nous, une certaine lassitude semble nous envahir et, il y a certain jour où nous ne nous posons plus la question : "pourquoi si peu de monde se soucie et s'engage concrètement dans la défense, la protection, l'accueil et les bons soins de cette espèce d'animaux pour laquelle nous nous battons depuis si longtemps?

Alors, il y a le petit déclic qui nous dit "allez ! courage" le but n'est plus si loin. Nous avons parcouru déjà tout ce chemin et escaladé tant d'embûches.

Et puis, il y a de temps en temps l'intérêt des médias qui consacrent un article de presse, une émission de radio, quelques minutes de télévision sur notre mission, nos animaux, notre aventure ou bataille, comme vous voudrez.

Et puis, il y a ces téléphones d'encouragement, ces lettres de félicitations.

Il y aussi ces gens qui nous contactent débordant d'un enthousiasme délirant qui veulent prendre les affaires en main, nous aider, faire bouger les choses comme ils disent parfois même, ils veulent tout bouleverser, tout révolutionner, mais très vite ils se calment, oublient et on ne les entend plus. On ne les aura même jamais vus : dommage.

Il y a aussi ceux qui se trompent peut être sur le travail qu'il faut fournir continuellement dans une opération comme Panthera, car nous le répétons sans cesse "chez nous, on ne travaille pas avec les animaux, on travaille pour les animaux".

Ils se sont trompé, mais ils ont appris et comprennent enfin une chose importante ce qu'est la responsabilité et l'engagement à vie que nous devons assurer à un animal qui est un être vivant et qui a besoin de nous.

Il y aussi ceux qui se proposent de nous aider lorsque la belle saison s'est enfin définitivement installée; leur présence sera dépendante des prévisions météorologiques et dès que la mauvaise saison montre le bout de son nez, ils nous quittent lorsque s'envolent les hirondelles pour leur migration.

Le printemps suivant, seules les hirondelles reviennent nous saluer.

Enfin, il y a surtout ceux qui restent, ceux qui nous encouragent et qui nous aident, de vrais passionnés, de vrais amis pour les animaux et pour nous. Ce sont des gens discrets, ils ne désirent pas que l'on parle d'eux. Ils sont là, disponibles, toujours prêts à rendre service, ils ne promettent pas ils agissent. Certes, ils ne sont pas nombreux mais ils ont une telle valeur. Nous leur disons "Mille mercis pour votre aide si précieuse, grâce à vous nous pouvons faire encore mieux pour les animaux".

Mai 2000, nous avons le plaisir d'accueillir au refuge Madame Holford, représentante de la Fondation "BORN FREE" en Angleterre, en transit sur Genève.

Madame Holford ne séjournera que très peu de temps parmi nous. Elle aura tout de même consacré un peu de son temps précieux à nous visiter afin de se rendre compte des soins que nous apportons à nos protégés.

A son retour en Angleterre, elle nous fait parvenir un magnifique cadeau pour les animaux :

Deux énormes ballons rigides, spécialement fabriqués pour les "Big Cats"!

C'est pour eux un jouet qu'ils apprécient et qu'ils n'ont pas réussi à pulvériser en une journée !

Juin 2000, nous recevons l'autorisation de construire délivrée par la Direction Départementale de l'Equipement.

Nous envoyons immédiatement les demandes de devis définitifs et plans détaillés des installations nécessaires aux diverses entreprises déjà contactées.

Etant donné que les mois de juillet et août sont les périodes sacrées des vacances, nous ne comptons pas réunir les diverses offres avant le mois de septembre et confions l'adjudication des travaux aux entreprises sélectionnées.

Juillet 2000, nous signons devant Notaire l'acte de vente définitif de la ferme et des terrains de Dingy-en-Vuache en Haute Savoie.

Septembre 2000, il faut attendre fin septembre pour réunir enfin un tiers des offres demandées. Il est à relever que la nature des travaux à exécuter pour le gardiennage de "chats géants" n'est pas une simple affaire.

Plusieurs entrepreneurs, après réflexion, ne veulent plus prendre le risque de s'aventurer dans cette réalisation. D'autres se disent totalement débordés de travail et nous donnent des délais de 3 à 6 mois avant de pouvoir débuter notre chantier !!

Etant donné la reprise fulgurante des affaires immobilières en région frontalière française, les entreprises ne peuvent plus faire face aux nombreuses demandes.

Octobre 2000, une nouvelle prolongation de l'autorisation de séjour provisoire sur territoire Suisse nous est évidemment accordée jusqu'au mois de juin 2001.

Novembre 2000, nous démarrons enfin les travaux. Une partie des entreprises débutent certains travaux d'assainissement. Nous devons remplacer toute la distribution d'eau des écuries, laquelle a subi des dégâts dus au gel l'hiver dernier par manque d'entretien et qui, bien entendu, nous a été soigneusement caché par le vendeur.

La première partie des travaux de rénovation des boxes, ainsi que la pose des canalisations de chauffage dans les écuries peut commencer.

La fin de l'année 2000 approche rapidement.

Les gros travaux de maçonnerie, bétonnage et drainage sont programmés pour le début 2001, dès le dégel, par l'entreprise à qui nous avons confié ces travaux.

Il en va de même pour les travaux importants de serrurerie comprenant l'ensemble des portes, trappes, protection des plafonds grillagés, etc. ces dernières réalisations étant exécutées sur mesures, car dans ce domaine rien n'est standard.

Nous passons une fois de plus les fêtes de Noël et le passage de la nouvelle année au refuge provisoire de "Carre d'Aval" en compagnie des animaux.

Cette année c'est le grand calme pour nos animaux et nous même, des jours comme les autres et nous nous retrouvons déjà en l'an 2001.
2001

Pour commencer l'année, faisons un bilan sur le petit monde du refuge Panthera.

 Premièrement, nous allons tous prendre un an de plus.

"Choucas" la tigresse, entre dans sa douzième année. Toujours la même, belle malicieuse, bien dans sa tête, une vraie princesse.

"Shangor" et "Khenya" lion et lionne, frère et sœur, auront 10 ans en avril.

Animaux extrêmement difficiles et perturbés à leur arrivée au refuge, ils sont maintenant calmes et confiants, mais n'acceptent vraiment que très peu de personnes à leur côté.

"Shangor" n'hésite pas à charger systématiquement tout représentant du sexe masculin. Il se fera joueur et câlin vis à vis des demoiselles ou dames qui s'occupent de lui, bref, "un homme, un vrai".

"Khenya" sa sœur, aime les jeux brutaux et destructeurs, elle est plutôt "le garçon manqué" de la famille.

"Titus" le vieux chat solitaire abandonné, qui depuis maintenant deux ans a élu domicile près des fauves, est devenu imposant et très beau.

Il conserve sa totale liberté et chaque jour à heure fixe il apparaît solennellement dans un concert de miaulement qui frise l'impertinence, afin de nous faire savoir que "Monsieur" désire être servi pour le repas.

Puis après s'être très copieusement restauré "Monsieur" repart non sans être venu quémander quelques caresses.

A titre purement informatique, certains jours nous le surnommons "le terroriste", Hé oui ! "Monsieur" fait le vide et liquide sans procès tous rongeurs qui s'aventurent sur le territoire des fauves, ces pauvres rongeurs qui, avant l'arrivée de "Monsieur", n'avaient aucun souci de cohabitation avec les fauves.

Les quelques arbres délimitant la frontière des installations du refuge deviennent, depuis quelques mois, de véritables HLM peuplés d'une multitude d'oiseaux. Ces derniers partagent sans aucun complexe la boisson et les parcs des fauves. Mais tous ces animaux ont compris que là où se tient le royaume du roi des animaux, ils n'ont rien à craindre et que "Maître Goupil" n'a qu'a bien se tenir.

Enfin, il y a "Circus" notre berger allemand de 8 ans qui revendique la place de "Sherif du refuge". Il est toujours là, vigilant, en observation permanente.

Il signale immédiatement et bruyamment tout débordement, manifestation déplacée et excès divers des deux demoiselles "Choucas" et "Khenya".

"Circus" fermera ses yeux ou détournera la tête à toute infraction du lion "Shangor". Mais c'est mieux pour lui et en plus, noblesse oblige.

Février 2001, les travaux ont repris, nous ne sommes guère aidés par une météo catastrophique, la pluie, pluie et pluie.

Malgré tout, notre entrepreneur mène à bien la pose d'un grillage délimitant l'ensemble des installations, écurie, ferme, etc. d'une surface de plus de 5.000 m2.

Mars 2001, les grandes constructions peuvent commencer. Un imposant stock de matériau de construction, d'outillage et d'engins de chantier envahissent la périphérie des écuries.

Il faut d'abord assainir le pourtour de la zone de construction, créer des drainages sérieux et efficaces sur un terrain de basse montagne, puisque les "hauts de Dingy" se situent à environ 620 m. d'altitude sur le versant de la montagne du Vuache.

Une terrasse d'environ 30 m. de longueur, soutenue par une imposante infrastructure portante, constituée d'une solide dalle est érigée le long des écuries, sur le côté destiné à recevoir les parcs d'animaux.

Cette construction sera aménagée en terrasse extérieure permettant aux animaux de s'y reposer à l'abri des intempéries, des courants d'air ou d'un soleil trop chaud (cette année pour le soleil cela semble mal parti).

Maintenant, nous devrions arriver, espérons-le, à la belle saison et nos entrepreneurs vont pouvoir engager la vitesse tout terrain !

Ce mois, nous avons eu le plaisir d'être invité dans l'émission télévisée "au nom de la faune", présentée par M. Allain Bougrain Dubourg.

Cette émission, consacrée aux grands félins a été diffusée le 14 mars 2001 sur la chaîne de télévision "Animaux".

Juin et Juillet 2001 :Pour ces deux mois, l’agenda reste complet et plus que complet.

Imaginez, les démarches, papiers, autorisations, certificats, etc., etc., nécessaires pour un déménagement et, en plus, un déménagement hors des frontières Suisses et pour couronner le tout, le déplacement des animaux d’une espèce vraiment peu courant.

Il y a également les allées et venues devenant journalières entre Genève et la ferme de Dingy-en-Vuache, afin de surveiller d’une manière quasi permanente le travail des entreprises, ces dernières profitant de nos absences pour abandonner le chantier, mettre d’accord ces dernières incapables de gérer la majorité des travaux bien qu’elles aient accepté le mandat, fournit des devis et encaissé les avances de fonds. Une vraie classe d’école enfantine pour ne pas dire simplement de « voyous ».

Les rendez-vous de chantier ne sont pas même respectés et il faut utiliser les menaces et les formes juridiques afin de mettre les choses au claire, hélas, même ces moyens ne donnent aucun résultat.

Il y a bien sûre nos activités professionnelles que nous devons aussi assumer, et pour cause !

Août 2001 :Le départ approche à grand pas. Du côté administratif, tout semble se dérouler normalement et nous commençons le démontage des installations du refuge provisoire de Carre d’Aval.

Au fil des jours, tout le matériel n’était plus nécessaire est évacué, nettoyé, révisé et stocké, prêt au départ. Tout est déjà organisé pour le départ des animaux et du matériel. Le compte à rebours peut commencer.

Nous accueillons Nelly et son Papa « Dany », venus spécialement de leur Bretagne afin de nous offrir leurs services pour le déménagement.

20 Août 2001 .C’est le jour « J » Les trois camions enlèvent le mobilier, les installations et trésors sentimentaux amassés depuis plus de 30 ans par Nicole et Alain. La Télévision Suisse Romande est présente à nos côtés pendant tout le déménagement, afin de réaliser un reportage pour l’émission « Mise au point ».

Pour Alain, le départ sera difficile, c’était son appartement, son nid et il fallait le quitter, changer de pays et repartir pour une autre vie, tout ceci pour la mesquinerie, l’imbécillité et la rigidité maladive de personnages politiques et petits fonctionnaires larbins de la République qui ont cherché tous les moyens pour ne pas autoriser l’acquisition d’un coin d’herbe à un petit groupe d’animaux, nés sous nos latitudes, qui ne demandaient rien d’autre qu’une portion de soleil et de tendresse pour leurs vieux jours.

Le voyage et le passage en douane française se déroulèrent sans aucun problème et le soir tout sera déchargé dans notre nouvelle demeure.

21 et 22 août 2001 : Ce sera au tour des animaux et là c’est une toute autre histoire. Les animaux sont très heureux à Carre d’Aval depuis maintenant presque 5 ans ! ! et ils n’ont absolument pas envie de quitter les vignes du « Domaine de la Tour » de la Famille Bené. Mais, c’est comme ça mes Gamins, les politicards bornés sont cachés derrière leurs fenêtres et attendent sournoisement notre départ.

« Choucas » doit partir la première afin de libérer le passage du véhicule prenant en charge les lions. En effet, par souci de sécurité, nous avions décidé de ne pas effectuer le transport des bêtes dans leurs roulottes respectives, mais dans un camion aménagé spécialement, propriété de l’ancien dompteur Marcel Bauverd, qui est là avec nous et assume la sécurité du convoyage des animaux. Marcel est, depuis si longtemps, un véritable professionnel dans ce domaine.

Une structure en tunnel est installée entre la roulotte de Miss Choucas et le camion. Celle-ci par curiosité hume l’air et se hasarde à l’exploration de ce tunnel improvisé, mais subitement s’arrête, se couche et ne se décidera qu’après seulement 2 heures à explorer l’intérieur du camion.

Pendant qu’Alain et Nelly négocient très calmement avec Choucas, le reste des amis Tania, Anne-Françoise, Dany et Marcel, s’accordent un moment de repos.

Choucas installée dans le camion, nous prenons la route pendant que l’autre équipe démonte et soigne le matériel et les grillages des installations.

Nous arrivons en douane, accueillis par les Fonctionnaires des Service Douaniers Français, prévenus de notre passage. Ils organisent immédiatement une aire de stationnement ombragée pour le camion et se proposent spontanément de nous apporter de l’eau afin d’abreuver les animaux.

Les formalités douanières sont rapidement effectuées. Tout le monde est au petit soin de la Princesse que nous rapatrions dans son pays d’origine (puisqu’elle est née au Zoo de Pau). Reste à effectuer le contrôle sanitaire des Services de la DDSV (Direction Départementale des Services Vétérinaires). Tous les documents, les carnets de vaccinations, contrôle sanitaire, certificat CITES d’exportation et importation sont contrôlés et conformes.

Là encore, le personnel est d’une extrême courtoisie et prévenant pour ce précieux chargement après que tous aient admiré la tigresse Choucas, qui ne se laisse nullement impressionner, ni par le transport, ni par tout ces gens qui la couvrent de compliments, nous refermons le camion et continuons notre route. Nous sommes en France et bientôt à la maison.

Cet après-midi, il est trop tard pour effectuer le transport des lions. Nous préférons agender ce second transport au lendemain.

En effet, personne ne peut à l’avance planifier ce genre d’opération dont les contraintes peuvent être l’humeur des animaux, l’horaire à respecter pour les besoins administratifs, la météo et en plus la circulation ou les problèmes matériels.

Choucas connaît enfin sa nouvelle demeure, ses dépendances et son grand parc. Elle ne se fait nullement prier pour quitter le camion et saluer d’un Pfrrrrr.. le site qui l’accueille.

Le lendemain, c’est le chargement des lions. Shangor n’est pas trop difficile à passer de sa roulotte dans le camion. En revanche, Khenya nous fait languir, plus de 2.30 heures pour un déplacement de 2 mètres, afin de rejoindre son frère.

Les conditions de passage en frontière se déroulent dans le même esprit que la veille et si nous acceptons le merveilleux compliment à notre égard fait par un fonctionnaire des Services Vétérinaires de Frontière Français, sur la qualité et le sérieux des documents fournis et le soin apporté à nos animaux, nous renvoyons le compliment sur le merveilleux accueil qui nous a été réservé et la rapidité dans l’exécution des nombreuses formalités effectuées, ce qui a permis aux animaux de ne pas être trop perturbés pendant ce transport. Voilà un bel exemple de collaboration. BRAVO ET MERCI.

Shangor et Khenya arrivent sur leur nouveau domaine, mais eux, il leur faut presque 3 heures pour quitter le camion et rejoindre leur nouvelle demeure.

Ce soir là :REPOS, les nerfs se relâchent, les paupières sont lourdes. Tout le monde est très fatigués mais heureux. Ce sera une merveilleuse nuit. Seul le chant des grillons et de faibles tintements de clochettes des vaches nous rappellent que nous sommes tous chez nous, dans notre maison.

Mais ….quel est ce miaulement qui vient troubler le silence ? Hé oui ! vous ne voulez tout de même pas que nous l’ayons abandonné alors que nous l’avions adopté.

Hé oui, un coup de chapeau à cette petite Nelly qui a assuré seule la capture, l’aménagement de sa cage de transport, le voyage de …..Monsieur Titus. Alors, maintenant que tu as mangé, tu nous raconteras ton voyage demain. Chao Titus et bonne nuit.

Les jours suivants sont utilisés à rapatrier le plus lourd et encombrant du matériel, à savoir : les grilles, grillages, poteaux métalliques, chauffage et roulottes, etc.

Sur ce magnifique verger de Carre d’Aval il ne reste, à la place des parcs, plus que trois grands ronds d’herbe piétinée et des copeaux de bois qui s’estomperont au fil du temps.

Pour nous les merveilleux souvenirs restent gravés dans notre cœur et à toi Yvan, ainsi qu’à ta famille, tes voisins, tes amis, nous te disons MERCI, 1000 X MERCI pour ton hospitalité, ta générosité. Choucas t’embrasse et te rappelle que chez PANTHERA ce sera aussi chez toi…

Aujourd’hui à Carre d’Aval on n’entend plus le profond rugissement du lion lorsqu’il annonçait les changements de temps. Mais une seule trace demeure. En effet, sur la maison qui borde le petit chemin de terre qui conduisait au refuge, une plaque a été apposée et celle-ci dit :

ALLEE AUX LIONS
Chemin privé sans issue

 

Hé oui, Genève aura été un chemin sans issue pour les lions.

A la ferme, Nelly et son papa Dany décident de prolonger leurs vacances …….

Tu parles, des vacances (en abattant un travail pareil !).

Dany veut à tout prix encore terminer un travail négligé et inachevé par les entreprises mandatées, à savoir la toiture du futur local vétérinaire et de la chaufferie.

Il terminera magnifiquement cette réalisation avant de s’en retourner dans sa Bretagne.

Nous rappelons à Dany et son épouse, restée en Bretagne pour leurs animaux, et à Nelly que nous leur devons des vacances, mais des vraies vacances (sans outillage). On vous attend les amis !

Nous remercions aussi notre ami Marcel qui a assuré le transport des bêtes, ceci dans les meilleures conditions car, nous aimerions ajouter qu’il a dû spécialement remettre en service un de ses ancien véhicule au repos depuis quelques années.

Merci à toutes les souris : Nelly, Tania, Anne-Françoise et Denise qui ont assumé les soins et le stockage du matériel.

Avec Genève la page est définitivement tournée,

« La France » est notre nouvelle patrie. C’est la terre d’accueil pour nos animaux…..

C’est notre énergie pour continuer à œuvrer dans la mission de sauvegarde des animaux sauvages …..Mais qui, en France, se nomment simplement « des animaux non domestiques ».

« NOS SINCERES REMERCIEMENTS » A toutes les personnalités, donateurs, marraines, parrains des animaux, bénévoles et amis, qui nous soutiennent et se soucient de l’avenir du Refuge et de ses pensionnaires.
Aux journalistes de la Presse, de la Radio, de la Télévision qui nous ont aidés et qui nous aident encore, à faire connaître la mission de notre petite association.

Enfin à tous ceux qui ont compris notre engagement acharné à la cause des animaux.

A vous tous, merci de votre aide si précieuse

 

A TRES BIENTOT,
L’EQUIPE DU REFUGE PANTHERA